lundi 13 septembre 2010
Synthèse de la Non-dualité par Nisargadatta
Me voilà de retour sur mon blog après un été riche en Lumière et en rencontres...
Voici quelques perles de Nisargadatta qui pourront faire fleurir votre amour et votre Unité avec tous les êtres ! :
"le "monde" que vous percevez est fait de Conscience ; ce que vous appelez "matière" EST la Conscience même ! Vous êtes l'Espace dans lequel le "monde" se meut, le temps dans lequel il se perpétue, l'amour qui lui donne Vie !
Dans mon monde, l'AMOUR est la SEULE Loi ! Je ne mendie pas l'amour, je le DONNE ! Telle est ma nature !
(S'il y a l'Amour) pourquoi faudrait-il un policier ?
Dans la Pleine Conscience le contact s'établit sans égoïsme !
L'égocentrisme est la source de tous les maux !
Quand la Conscience est intensément intéressé elle devient Un avec l'objet de l'intérêt. Le "voyant" et le "vu" deviennent Un dans la vision, "l'entendant" et "l'entendu" deviennent Un dans l'audition, "l'amant" et "l'objet de l'amour" deviennent Un dans l'amour !"
(Nisargadatta - Je suis -)
Voici quelques perles de Nisargadatta qui pourront faire fleurir votre amour et votre Unité avec tous les êtres ! :
"le "monde" que vous percevez est fait de Conscience ; ce que vous appelez "matière" EST la Conscience même ! Vous êtes l'Espace dans lequel le "monde" se meut, le temps dans lequel il se perpétue, l'amour qui lui donne Vie !
Dans mon monde, l'AMOUR est la SEULE Loi ! Je ne mendie pas l'amour, je le DONNE ! Telle est ma nature !
(S'il y a l'Amour) pourquoi faudrait-il un policier ?
Dans la Pleine Conscience le contact s'établit sans égoïsme !
L'égocentrisme est la source de tous les maux !
Quand la Conscience est intensément intéressé elle devient Un avec l'objet de l'intérêt. Le "voyant" et le "vu" deviennent Un dans la vision, "l'entendant" et "l'entendu" deviennent Un dans l'audition, "l'amant" et "l'objet de l'amour" deviennent Un dans l'amour !"
(Nisargadatta - Je suis -)
jeudi 8 juillet 2010
Synthèse sur la Non-dualité
Je dédie ce texte à Thierry M., mon éternel ami...
Le texte ci-dessous est une synthèse de certains textes de "Monko", un "collègue" de l'advaita, un de ces amoureux fervents de LA SEULE CHOSE qui comble l'être au-delà de tout : l'Unité avec tous les êtres et tout l'univers.
Bonne lecture...quant à moi je vous dis à après le 15 Août....je "m'envole" pour Arès (en gironde), ce lieu de Fusion avec le Tout-créateur et le Tout-créé, ce lieu où l'Ouragan d'Amour est descendu pour nous appeler à être tsunami d'amour, ce lieu du Tout-Autre, ce Lieu de LIBERTE et de LIBERATION SUPRÊMES...
"Il n'y a jamais qu'une seule chose, sous l'apparence de la multiplicité...laquelle devient l'objet d'une vaste célébration.
A strictement parler, vous n'êtes pas Conscience car il n'est que Conscience, laquelle est un Rien qui se manifeste en tant que tout.
Il n'est que l'un. Le « deux » est une apparence au sein de l'unicité.
L'unicité n'est pas l'unicité véritable si elle n'inclut pas la séparation, la dualité. Autrement dit, tant que l'on voit la dualité comme opposée à l'unité, on est dans une vision duelle. Ainsi tu es LA Merveille et tout ce qui semble s'élever en toi, tout ce qui semble être un « deux » n'est en réalité autre que LA Merveille. La Conscience ne peut être affectée uniquement parce qu'elle est un espace vide ou je ne sais quoi, mais parce qu'il n'est rien qui ne soit Conscience. Alors s'établir en tant qu'un arrière-plan conscient qui accueille et laisse passer tout ce qui se présente est, certes, une réalisation qui est loin d'être négligeable et qui correspond à "je ne suis rien". Mais en fait, ultimement, il n'existe rien de semblable à un arrière-plan et un "avant-plan", cet état de détachement, un peu glacé, ne peut de toute manière être maintenu indéfiniment. Il faut tout perdre, se brûler les ailes. Et ce n'est possible que grâce à la chaleur de l'amour. Cet amour dont je parle est absolument atomique, nucléaire. Il est le feu purificateur, l'essence (dans tous les sens du terme) même de la vie. Alors est-ce que cette dimension n'existe pas en tant que manque? Tu veux rire Michel? On ne se meurt que de Cela! Il n'est pas un instant où Cela ne soit pas recherché, sciemment ou confusément, c'est le manque originel.
L'amour est l'énergie même de l'unicité, de l'Un et de tout le film qui se manifeste en tant que « deux », et qui n'est que l'Un en vie. L'amour que tu portes à ta famille, ou à la musique est une expression qui vient tout droit de Cela, mais s'y exerce encore un choix, une exclusivité. Il est encore conditionné, en apparence. Mais il n'est rien qui ne soit le Bien-aimé, c'est à cette évidence qu'il faut se consumer. Bientôt il n'est rien qui ne soit vu comme Lui, comme l'amour inconditionnel. Les murs de ta maison seront vus comme l'amour inconditionnel et même ce qui te repousse sera vu comme l'amour inconditionnel. Cela ne veut pas dire que tout sera égal, des préférences continueront de se manifester, et même de se renforcer.
Mais ces préférences elles-mêmes seront vues comme impersonnelles, comme l'expression divine de la vie, comme l'amour inconditionnel qu'elles sont. Ainsi, en l'absence d'un « quelqu'un » pour accuser réception de cela, seuls l'unicité et l'amour demeurent, dans une fluidité tranquille, merveilleuse. C'est le "je suis tout" de Nisargadatta. C'est très simple; n'y a-t-il rien de plus naturel que de tomber amoureux? Comment ne pas être enthousiaste devant cette merveille?
si je voulais faire de la poésie, je dirais que tu t'es enfermé dans ta liberté... Il y a eu une expérience de conscience-témoin dégagée des objets; et dans cette expérience, la conscience et les objets sont de natures différentes. Il y a là une ultime forme de dualité entre ce que l'on pourrait appeler un objet supérieur et tous les autres, inférieurs. Il y a encore « quelqu'un » ou quelque chose quelque part qui continue d'être en relation avec d'autres choses. La conscience-témoin est encore un objet, mental, et n'est pas ta nature profonde. Tu es là dans un état de détachement, ce qui n'est pas rien bien sûr; mais c'est encore un état, un peu froid, au sein duquel se joue encore le jeu sujet/objet, avec une vision hiérarchisée des choses. Il n'y a qu'une chose qui peut brûler cela, c'est l'amour, l'amour fou véritable, inconditionnel. La conscience sans l'amour n'est rien, la conscience sans l'amour n'est pas la Conscience. La voie est vraiment une histoire d'amour. Cet amour unifie tout, en ce sens qu'il est vu comme la source de toute chose. Il n'y a rien qui ne soit amour inconditionnel, il n'y a rien qui ne soit le cherché, le Bien-aimé. Tout ce qui apparaît est le bien-aimé/vide se manifestant comme le bien-aimé/forme. Tout est l'amant et tout est l'aimé; il n'y a pas l'un d'un côté et l'autre de l'autre. Alors il n'est vraiment plus « personne » nulle part et il peut vraiment y avoir pleine participation à la vie, en vertu de l'absence de tout participant. L'ennui n'est alors plus possible..." (Monko)
Le texte ci-dessous est une synthèse de certains textes de "Monko", un "collègue" de l'advaita, un de ces amoureux fervents de LA SEULE CHOSE qui comble l'être au-delà de tout : l'Unité avec tous les êtres et tout l'univers.
Bonne lecture...quant à moi je vous dis à après le 15 Août....je "m'envole" pour Arès (en gironde), ce lieu de Fusion avec le Tout-créateur et le Tout-créé, ce lieu où l'Ouragan d'Amour est descendu pour nous appeler à être tsunami d'amour, ce lieu du Tout-Autre, ce Lieu de LIBERTE et de LIBERATION SUPRÊMES...
"Il n'y a jamais qu'une seule chose, sous l'apparence de la multiplicité...laquelle devient l'objet d'une vaste célébration.
A strictement parler, vous n'êtes pas Conscience car il n'est que Conscience, laquelle est un Rien qui se manifeste en tant que tout.
Il n'est que l'un. Le « deux » est une apparence au sein de l'unicité.
L'unicité n'est pas l'unicité véritable si elle n'inclut pas la séparation, la dualité. Autrement dit, tant que l'on voit la dualité comme opposée à l'unité, on est dans une vision duelle. Ainsi tu es LA Merveille et tout ce qui semble s'élever en toi, tout ce qui semble être un « deux » n'est en réalité autre que LA Merveille. La Conscience ne peut être affectée uniquement parce qu'elle est un espace vide ou je ne sais quoi, mais parce qu'il n'est rien qui ne soit Conscience. Alors s'établir en tant qu'un arrière-plan conscient qui accueille et laisse passer tout ce qui se présente est, certes, une réalisation qui est loin d'être négligeable et qui correspond à "je ne suis rien". Mais en fait, ultimement, il n'existe rien de semblable à un arrière-plan et un "avant-plan", cet état de détachement, un peu glacé, ne peut de toute manière être maintenu indéfiniment. Il faut tout perdre, se brûler les ailes. Et ce n'est possible que grâce à la chaleur de l'amour. Cet amour dont je parle est absolument atomique, nucléaire. Il est le feu purificateur, l'essence (dans tous les sens du terme) même de la vie. Alors est-ce que cette dimension n'existe pas en tant que manque? Tu veux rire Michel? On ne se meurt que de Cela! Il n'est pas un instant où Cela ne soit pas recherché, sciemment ou confusément, c'est le manque originel.
L'amour est l'énergie même de l'unicité, de l'Un et de tout le film qui se manifeste en tant que « deux », et qui n'est que l'Un en vie. L'amour que tu portes à ta famille, ou à la musique est une expression qui vient tout droit de Cela, mais s'y exerce encore un choix, une exclusivité. Il est encore conditionné, en apparence. Mais il n'est rien qui ne soit le Bien-aimé, c'est à cette évidence qu'il faut se consumer. Bientôt il n'est rien qui ne soit vu comme Lui, comme l'amour inconditionnel. Les murs de ta maison seront vus comme l'amour inconditionnel et même ce qui te repousse sera vu comme l'amour inconditionnel. Cela ne veut pas dire que tout sera égal, des préférences continueront de se manifester, et même de se renforcer.
Mais ces préférences elles-mêmes seront vues comme impersonnelles, comme l'expression divine de la vie, comme l'amour inconditionnel qu'elles sont. Ainsi, en l'absence d'un « quelqu'un » pour accuser réception de cela, seuls l'unicité et l'amour demeurent, dans une fluidité tranquille, merveilleuse. C'est le "je suis tout" de Nisargadatta. C'est très simple; n'y a-t-il rien de plus naturel que de tomber amoureux? Comment ne pas être enthousiaste devant cette merveille?
si je voulais faire de la poésie, je dirais que tu t'es enfermé dans ta liberté... Il y a eu une expérience de conscience-témoin dégagée des objets; et dans cette expérience, la conscience et les objets sont de natures différentes. Il y a là une ultime forme de dualité entre ce que l'on pourrait appeler un objet supérieur et tous les autres, inférieurs. Il y a encore « quelqu'un » ou quelque chose quelque part qui continue d'être en relation avec d'autres choses. La conscience-témoin est encore un objet, mental, et n'est pas ta nature profonde. Tu es là dans un état de détachement, ce qui n'est pas rien bien sûr; mais c'est encore un état, un peu froid, au sein duquel se joue encore le jeu sujet/objet, avec une vision hiérarchisée des choses. Il n'y a qu'une chose qui peut brûler cela, c'est l'amour, l'amour fou véritable, inconditionnel. La conscience sans l'amour n'est rien, la conscience sans l'amour n'est pas la Conscience. La voie est vraiment une histoire d'amour. Cet amour unifie tout, en ce sens qu'il est vu comme la source de toute chose. Il n'y a rien qui ne soit amour inconditionnel, il n'y a rien qui ne soit le cherché, le Bien-aimé. Tout ce qui apparaît est le bien-aimé/vide se manifestant comme le bien-aimé/forme. Tout est l'amant et tout est l'aimé; il n'y a pas l'un d'un côté et l'autre de l'autre. Alors il n'est vraiment plus « personne » nulle part et il peut vraiment y avoir pleine participation à la vie, en vertu de l'absence de tout participant. L'ennui n'est alors plus possible..." (Monko)
jeudi 1 juillet 2010
Le sens de l'autre dans le Bouddhisme
Deuxième partie :Le sens de l'autre dans les traditions bouddhistes
Comme nous l'évoquions plus haut, la plus ancienne tradition bouddhiste remonte au temps du Bouddha et se perpétue aujourd'hui au Sri Lanka et dans les pays de l'Asie du Sud-est. On l'appelle "tradition du bouddhisme pali" ou "Bouddhisme des Anciens", ou encore Bouddhisme theravada.
La seconde traditions est apparue environ cinq siècles après le paranirvana [mort physique] du Bouddha, à la suite de dissensions au sein de la communauté bouddhique; elle est connue sous le nom de Mahayana ou Grand Véhicule. Elle recouvre aujourd'hui les pays himalayens, la Chine, le Japon, le Vietnam, la Corée.
Une des raisons principales des divergences de vues entre les Anciens et ceux qui vont se considérer comme des réformateurs est notamment la place accordée à l'autre. Je vais donc examiner comment était perçu l'autre dans chacune de ces traditions pour terminer par quelques considérations sur la perception de l'autre au sein de la communauté bouddhique occidentale.
La quête du prince Siddhartha, le futur Bouddha
Quand on lit la vie du Prince Siddhartha, depuis l'abandon du palais jusqu'au moment de l'Eveil sous l'arbre de la Bodhi, on ne trouve pas beaucoup de références à l'autre. Poussé par les quatre visions (le malade, le vieillard, le mort et enfin le moine ascétique), l'âme de l'aspirant à l'Eveil est tendue vers un seul but: trouver la vérité, comprendre les causes de la naissance et de la mort et, si possible, s'en libérer. Sa quête le pousse à abandonner femme et enfant. Après six années de quête et d'austérités Gotama atteint l'Illumination sous l'Arbre de la Bodhi.
Après l'Eveil
Ce n'est qu'après son Eveil que Gotama, maintenant le Bouddha (qui signifie l'Eveillé), se demande ce qu'il va faire de cette profonde et sublime réalisation qu'il a obtenue. Le Bouddha hésite: l'humanité sera-t-elle capable de comprendre la profondeur de sa réalisation? Alors lui apparaît un dieu, qui lui dit que même si la majorité des gens ne comprendra pas son éveil, il en est dont les yeux ne sont recouverts que d'un peu de poussières et qui comprendront son message, et pour eux il doit révéler la vérité qu'il a découverte. C'est ainsi que le Bouddha s'engage dans la prédication, une prédication qui durera jusqu'à sa mort presque un demi siècle plus tard.
Le bouddhisme des cinq premiers siècles
Pendant les cinq siècles qui suivent la mort du Bouddha, l'idéal bouddhique consiste à atteindre l'état de libération pour soi-même, le nirvana. La préoccupation principale du pratiquant est de comprendre les causes de la souffrance et, les ayant comprises, à agir sur les causes pour surmonter la douleur et ainsi parvenir au nirvana ; l'ascèse est très stricte et elle est indivifuelle. Le Bouddha historique, Sakyamuni, est le modèle à imiter. Etre bouddhiste signifie refaire le chemin que le Bouddha a tracé et lui-même parcouru, dont il est l'aboutissement. L'Arhat est celui qui a vaincu le cycle des morts et des renaissances, qui est libéré de la souffrance et réside dans le nirvana. Mais il est seul.
Cette tradition met l'accent sur la réalisation personnelle. Pourtant l'autre n'est pas totalement absent de sa pratique. Voyons comment la relation à autrui est enseignée et vécue.
En premier lieu, cette forme de bouddhisme porte une grande attention à l'éthique, qui est une manière de régler les rapports à l'autre. Ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir, ne pas s'engager dans une conduite sexuelle inappropriée, ne pas ingérer de drogue, tels sont les cinq préceptes observés dans tous les pays bouddhistes. D'autre part, moines et laïcs vivent en symbiose. Les laïcs soutiennent les moines en leur prodiguant des dons matériels de nourriture, les robes et autres nécessités. Les moines prêchent la doctrine et assurent la cohésion sociale, morale et spirituelle de la société.
Le but de la pratique, aussi bien pour les laïcs que pour les moines, étant de surmonter les trois poisons de l'attachement, de la haine et de l'ignorance, des pratiques sont enseignées pour contrecarrer ces afflictions négatives. Il s'agit par exemple des méditations appelées les Quatre Demeures de Brahma :
1. Méditation du développement de l'amour bienveillant, de l'altruisme (metta)
2. Méditation du développement de la compassion (karuna)
3. Méditation du développement de la sympathie pour la joie des autres(mudita),
4. Méditation du développement de l'équanimité, de la sérénité, de la non différence (uppekha).
Un des textes de prière les plus souvent récité est le Metta Sutta, le Sutta de l'Amour Bienveillant:
Pour le Bouddha, nous souffrons à cause de notre manière inauthentique d'être au monde, avec nous-mêmes et avec les autres. Nous sommes inauthentiques quand nous nous perdons dans le monde des objets, en laissant libre cours à la convoitise, à l'avarice, au désir sensuel, et chaque fois que nous fuyons notre être essentiel en désirant quelque chose extérieur à nous-mêmes, manifestation de la saisie et de l'appropriation.
Nous sommes également inauthentiques quand, à l'inverse, nous sommes mus par un sentiment de refus, de rejet : c'est la manifestation de l'aversion et de la haine.
Enfin nous sommes inauthentiques quand nous sommes indifférents à ce qui nous entoure, à l'autre, au monde, chaque fois que nous restons ignorants des choses, des êtres ou des situations. C'est le troisième poison: l'ignorance, la fermeture, le repli obsessionnel sur soi-même.
Dans cette forme de bouddhisme, la pratique nous apprend à trouver notre centre, à être authentique, à être seul et à "entrer en amitié avec nous-mêmes" (Pema Chôdron).
Le développement historique du Mahayana (Grand Véhicule)
Au début de l'ère chrétienne ce modèle de pratique commence à se fissurer. Cinq siècles ont passé depuis la mort de Sakyamuni, le Bouddha historique. La communauté ressent probablement le besoin d'une plus grande intégration dans la société de l'époque, imprégnée de culture brahmanique riche d'une métaphysique et d'une cosmologie très développée, incorporant des éléments dévotionnels puissants.
Cela passe par une vision moins ascétique de la vie du Bouddha et une insistance sur son aspect altruiste.
Graduellement le Bouddha va donc être perçu non plus seulement comme un être humain concret qui est né, qui a vécu, qui a souffert et qui est mort comme tout être humain. On va voir en lui un être universel, l'incarnation d'un principe cosmique. Le bouddha Gotama devient une manifestation parmi des millions de manifestations de bouddhas qui régulièrement s'incarnent dans le monde pour le bien des êtres. Dans la cosmologie védique, il n'y a ni commencement ni fin, et l'espace est infini; l'univers est peuplé de milliards de milliards d'univers. Périodiquement, pour le bien des êtres, un Bouddha apparaît, s'incarne dans le monde, pour apporter un message de la lumière et de libération à l'humanité souffrante.
*
Mais on va aussi insister sur un autre aspect du Bouddha historique, un aspect un peu ignoré au cours des premiers siècles: le Bouddha Sakyamuni, après avoir atteint la libération sous l'arbre de l'Eveil, n'est pas passé dans le nirvana. Au contraire il s'est entièrement dédié aux autres et a prêché pendant près d'un demi-siècle. Cet aspect de la vie du Bouddha est maintenant mis en avant pour montrer son immense compassion pour les êtres.
En conséquence, l'idéal bouddhique va progressivement se déplacer de l'idéal de l'Arhat à celui du Bodhisattva, puis à celui du Bouddha, le Bouddha représentant le but de l'existence humaine en même temps que sa force d'inspiration. Quant à l'idéal du bodhisattva, c'est le médium de transition entre une existence limitée et une existence pleinement actualisée et optimisée dans la bouddhéité. Historiquement on peut comprendre cet appel vers une intégration plus grande de tous les éléments essentiels de la personne humaine: le pouvoir de la pensée, de la volonté et du cœur. Jusqu'à présent le cœur manquait; même si l'amour et la compassion ne sont pas absents dans le bouddhisme ancien, ils n'entrent pas dans la force motrice de la motivation. Dans le Mahayana, le Bouddha, loin de se reposer dans la quiétude du nirvana, devient un principe cosmique, au-delà des extrêmes du samsara [l'illusion] et du nirvana, et donc toujours accessible à l'humanité, indépendamment du temps et du lieu. Sakyamuni n'est plus qu'une des innombrables incarnations de ce principe cosmique.
L'attention à l'autre dans la pratique mahayaniste
La pratique mahayaniste est incarnée dans la voie du bodhisattva, celui qui renonce au nirvana pour atteindre l'état de Bouddha, et la force motrice pour atteindre l'Eveil est la Bodhicitta.
Avant toute pratique tibétaine, toute prière, toute séance de méditation, le pratiquant génère la motivation altruiste (bodhicitta) en récitant trois fois la formule suivante:
"Je prends refuge dans le Bouddha, le Dharma et la Sangha
jusqu'à l'Eveil.
Par le pouvoir de ma pratique
puissé-je atteindre l'Eveil pour le bien de tous les êtres. "
A la fin de chaque pratique, l'énergie positive générée, appelée "mérites", est dédiée à tous les êtres: on ne garde rien pour soi.
Le Dalaï Lama commence en général ses conférences par la constatation suivante:
"Tous les êtres recherchent le bonheur et tous cherchent à échapper à la souffrance,
c'est là la motivation à la base de toutes les entreprises humaines. "
De cette constatation il déduit que tous les êtres sont égaux (au plan ontologique) et que par conséquent il est absurde de désirer la libération pour soi-même en ignorant les besoins et désirs des autres. En fait, le Dalaï Lama s'inspire d'un texte de Shantideva (chapitre 8 du Bodhisattvacharyavatara) dans lequel ce dernier explique ce qu'il considère être la plus haute pratique mahayaniste : l'échange de soi avec les autres.
En voici un extrait.
"Je dois d'abord m'efforcer
De cultiver l'égalité de moi-même et des autres.
Je dois les protéger tous comme moi-même,
Car nous sommes égaux devant le bonheur et le malheur".
En dépit de la diversité de ses membres, les mains et le reste,
Le corps est à préserver comme un ensemble unique.
De même, dans leurs joies et leurs peines, les différents êtres
Ont tous, comme moi, le désir du bonheur.
Si ma douleur
N'affecte pas le corps d'autrui,
En raison de mon appréhension (de moi-même) comme "je ",
Elle n'en est pas moins mienne et intolérable.
De même, la douleur d'autrui
Ne m'échoit pas.
Néanmoins, en raison de leur conception (d'eux-mêmes)
comme "Je", elle est difficile à supporter.
Je dois dissiper la souffrance des autres
Parce qu'elle est souffrance, comme la mienne.
le dois aider les autres
Parce que ce sont des êtres vivants, comme moi.
Quand moi-même et autrui sommes identiques
Dans notre désir de bonheur,
Qu'ai-je donc de particulier?
Pourquoi devrais-je m'appliquer à mon seul bonheur ?
Et quand moi-même et autrui sommes identiques
Dans notre refus du malheur,
Qu'ai-je donc de particulier?
Pourquoi devrais-je me préserver et pas les autres?
[Vous dites:]
"Face à la souffrance,
On se protège soi-même! "
[je vous réponds :]
La souffrance de la main n'est pas celle du pied
Pourquoi (alors) le protège-t-elle ?
En l'absence de possesseur de la souffrance,
Toutes les distinctions (entre soi et autrui) sont inexistantes.
Il faut la dissiper parce qu'elle est douleur.
Pourquoi suis-je assuré (de la nécessité d'éliminer ma douleur et non celle des autres) ?
De même que la main et le reste
Sont considérés comme les parties du corps,
Ainsi, pourquoi les êtres ne sont-ils pas tenus
Pour les parties de l'humanité?
Quiconque souhaite rapidement devenir un refuge
Pour soi-même et autrui
Devra pratiquer le suprême mystère:
L'échange de soi pour autrui.
Toutes les joies de ce monde
Proviennent du désir du bonheur d'autrui
Tous les malheurs de ce monde
Proviennent du désir de son propre bonheur."
Considérer tous les êtres comme sa propre mère.
Les mondes étant infinis, le temps étant sans commencement ni fin, il en résulte que tous les êtres sans exception ont été une mère pour nous un grand nombre de fois. C'est pourquoi les maîtres tibétains demandent à leurs disciples de considérer tous les êtres comme leur propre mère.
Si toutes les mères qui me chérirent depuis un temps sans commencement
Sont dans la souffrance, comment profiterai-je de mon bonheur ?
Afin de libérer les êtres innombrables
Les bodhisattvas engendrent l'esprit d'Eveil
(Extrait des 37 pratiques des bodhisattvas de Thogme Zangpo)
Tonglen: l'échange de soi avec les autres
La pratique dite de Tonglen : "prendre et donner", est ainsi décrite par Lama Guendune Rinpoché :
" Tout d'abord, laissons notre esprit se détendre complètement et s'établir dans un état de repos total, sans nous arrêter sur aucune sensation ou perception de nous-mêmes et de ce qui nous entoure.
Développons la certitude que tout ce qui se manifeste est notre propre esprit, et ne nous attachons plus à saisir le monde extérieur comme séparé de nous.
Restons simplement détendus dans cette conscience, l'esprit parfaitement calme et paisible".
Peu à peu. nous prenons conscience du mouvement de notre respiration. Laissons ce mouvement se taire naturellement sans chercher à le modifier ou à respirer d'une manière particulière. Imaginons que, chaque expiration, les mérites et les vertus que nous avons accumulés depuis la nuit des temps et qui sont la cause de notre bonheur présent sortent de notre corps avec l'air que nous expirons et se dissolvent dans tous les êtres de tous les mondes.
Ces mérites et ces vertus ont la capacité de faire disparaître toutes les souffrances, toutes les maladies et tous les obstacles, de la même manière que le soleil dissipe le brouillard lorsqu'il commence à briller. Tous ces êtres ressentent alors un sentiment de grand soulagement et de grande joie.
Nous imaginons ensuite que, au moment de l'inspiration, toutes les difficultés, les maux et les souffrances de tous les êtres sont absorbées en nous et se dissolvent dans notre cœur, et qu'ainsi ces derniers en sont définitivement délivrés. Nous nous réjouissons à l'idée de les savoir libérés de leur souffrance et établis dans le bonheur pour toujours.
Au terme de cette méditation, nous nous établissons dans un état de vacuité dans lequel nous dissolvons toute saisie sur le fait de prendre la maladie et la souffrance en nous comme quelque chose existant réellement. Nous nous affranchissons des notions de sujet, d'objet et d'acte, de toute fixation réaliste."
L'interdépendance et "l'Inter-être" chez Thich Nhat Hanh
clef de la compréhension et de l'amour
Pour le maître vietnamien Thich Nhat Hanh, il n'y a pas de séparation entre moi et les autres; je n'existe qu'en dépendance des autres, pour tout: nourriture, logement, habillement, jusqu'au langage que j'utilise quotidiennement. II n'y a pas d'entité "moi" existante par elle-même. Par conséquent rechercher mon propre bonheur n'a pas de sens et je dois rechercher le bien de la communauté avant mon propre bien. C'est ainsi que Thich Nhat Hanh fonde la pratique de l'amour et de la compassion.
Les 58 préceptes des bodhisattvas en Chine.
Ils ont été écrits par des maîtres chinois vers 450, parce qu'ils avaient l'impression qu'il fallait quelque chose de plus par rapport aux préceptes des premiers temps, il fallait une éthique qui leur corresponde. En voici quelques exemples.
Le premier précepte dit:
Ne pas prendre la vie.
Ne pas le faire soi-même.
Ne pas le faire faire par quelqu'un d'autre.
Ne pas le faire d'une manière détournée.
Ne pas créer les causes et conditions pour que cela apparaisse. Ne pas développer un moyen de le faire.
Et aussi ne pas faire du mal, par exemple en répandant des rumeurs.
Le quatrième précepte : ne pas dire de mensonges.
Prendre sur soi-même la calomnie dirigée vers quelqu'un d'autre.
Partager son bonheur avec les autres.
Ne pas rabaisser les autres pour nous épargner nous-mêmes (par ex. avec les mendiants)
Prendre soin des gens malades et les considérer comme le Bouddha lui-même.
Sauver la vie des êtres vivants, notamment des animaux.
Etre disponible envers l'autre.
Les quatre vœux du bodhisattva dans le zen
Aussi nombreux que soient les êtres, je fais le vœu de les sauver tous.
Aussi nombreuses que soient les passions, je fais le vœu de les trancher toutes.
Aussi nombreux que soient les enseignements du Dharma, je fais le vœu de les connaitre tous.
Aussi insurpasable que soit la voie de Bouddha, je fais le vœu de la réaliser.
3. Troisième partie :L'autre et le bouddhisme tel qu'il se développe en Occident
Plus de neuf occidentaux bouddhistes sur dix ont adopté le Mahayana, soit sous sa forme zen, soit sous sa forme tibétaine. On pourrait donc s'attendre à trouver l'amour et la compassion au centre de la pratique du bouddhisme en Occident. Or, entre les idéaux très élevés de la doctrine mahayaniste et les faits sur le terrain, il semble parfois qu'il y ait un gouffre. Mais est-ce si étonnant?
En fait les pratiquants occidentaux ont besoin de refaire le chemin parcouru par le Bouddha; aujourd'hui comme hier c'est l'aiguillon de la souffrance qui motive les chercheurs. On en est à la phase de découverte de la première des Quatre Nobles Vérités : la vérité de la souffrance (on aussi dire du mal-être, de l'anciété, de l'angoissse ...).
L'Occident a besoin de redécouvrir les précieuses vérités du Mahayana de l'intérieur, en passant par le stade de l'introspection si chère au bouddhisme ancien,et aux longues retraites solitaires et silencieuses.
Pour ma part, j'ai commencé à réaliser qu'être au monde, c'est ETRE AVEC ; en d'autres termes, que l'être humain est un être de participation. ETRE AVEC ne signifie pas cohabiter avec d'autres êtres humains à la manières des arbres d'une forêt qui poussent côte à côte. Il ne s'agit pas d'ETRE AVEC spatialement mais ontologiquement. Je suis "malgré moi" avec les autres, sans choix et sans échappatoire. D'ailleurs le simple fait de pouvoir dire que je suis seul, seul à la naissance, seul face à la souffrance, et surtout seul face à ma propre mort, implique paradoxalement que je suis en même temps et de façon inextricable avec les autres. Cette réalisation amène une détente, un lâcher prise libérateur.
Quand les maîtres tibétains nous demandent de considérer tous les êtres comme nos mères, quand ils nous demandent de pratiquer l'échange de soi avec les autres, quand Thich Nhat Hanh nous parle de l'interdépendance de toutes choses et de ce qu'il nomme l'inter-être, tous pointent en fait vers la même chose, le même être de participation inscrit dans la structure même de notre être. Il semble bien qu'il nous faudra nous aussi développer nos propres "moyens habiles" avant de pouvoir prétendre à la désignation de "mahayaniste".
Stephen Batchelor exprime bien ce sentiment quand il écrit:
"Ayant compris la non-substantialité du soi - enseignement central de la voie bouddhique - le pratiquant s'engage activement dans le développement d'une culture de l'éveil..."
" La compassion est le cœur et l'âme de l'éveil... On l'entrevoit quand la barrière du soi est levée, et que l'existence individuelle capitule devant le bien-être de toute l'existence.
Il est alors parfaitement clair que nous ne pouvons pas atteindre l'éveil pour nous-mêmes:
nous pouvons seulement participer à l'éveil de la Vie".
Et Joseph Goldstein, un des leaders du mouvement vipassana occidental, va dans le même sens:
La motivation la plus haute peut embrasser toutes nos bonnes œuvres - nous pouvons donner pour motivation à tous nos actes, et à notre aspiration à l'illumination complète, le bien et le bien-être de tous les êtres. Nous comprenons que notre pratique spirituelle n'est pas faite pour nous uniquement, mais pour l'éveil et la libération de tous. C'est ce qu'on appelle la Bodhicitta.
Je trouve que pratiquer la Bodhicitta a profondément transformé mon chemin spirituel. Avant d'intégrer cette motivation plus élevée à ma pratique, je savais que le fait de mettre soi-même en oeuvre des moyens de purification ne pouvait qu'être bénéfique à ceux qui vous entourent. Si nous sommes plus généreux et plus aimants, plus sages et plus compatissants, moins coléreux et moins peureux, bien sûr, le monde qui nous entoure n'en sera que meilleur. Donc je savais que la pratique spirituelle aide toujours les autres aussi bien que moi-même.
Mais la pratique consciente de Bodhicitta a fait que cela n'a plus été le résultat inévitable de la méditation et de la quête spirituelle, mais aussi la raison même de pratiquer. Aspirer à une vie d'éveil pour faire du bien aux autres rend notre pratique très large et profonde, la faisant sortir de l'ornière d'une lutte plutôt égocentrique. C'est, bien sûr, le but de tout l'ensemble. Un poème de Ryokan, moine Zen du dix-huitième siècle, exprime ce sentiment: "Oh, que ma robe de prêtre soit assez vaste pour rassembler tous les êtres qui souffrent dans ce monde flottant !". (extrait de : Le dharma de Saint-Benoit)
Comme nous l'évoquions plus haut, la plus ancienne tradition bouddhiste remonte au temps du Bouddha et se perpétue aujourd'hui au Sri Lanka et dans les pays de l'Asie du Sud-est. On l'appelle "tradition du bouddhisme pali" ou "Bouddhisme des Anciens", ou encore Bouddhisme theravada.
La seconde traditions est apparue environ cinq siècles après le paranirvana [mort physique] du Bouddha, à la suite de dissensions au sein de la communauté bouddhique; elle est connue sous le nom de Mahayana ou Grand Véhicule. Elle recouvre aujourd'hui les pays himalayens, la Chine, le Japon, le Vietnam, la Corée.
Une des raisons principales des divergences de vues entre les Anciens et ceux qui vont se considérer comme des réformateurs est notamment la place accordée à l'autre. Je vais donc examiner comment était perçu l'autre dans chacune de ces traditions pour terminer par quelques considérations sur la perception de l'autre au sein de la communauté bouddhique occidentale.
La quête du prince Siddhartha, le futur Bouddha
Quand on lit la vie du Prince Siddhartha, depuis l'abandon du palais jusqu'au moment de l'Eveil sous l'arbre de la Bodhi, on ne trouve pas beaucoup de références à l'autre. Poussé par les quatre visions (le malade, le vieillard, le mort et enfin le moine ascétique), l'âme de l'aspirant à l'Eveil est tendue vers un seul but: trouver la vérité, comprendre les causes de la naissance et de la mort et, si possible, s'en libérer. Sa quête le pousse à abandonner femme et enfant. Après six années de quête et d'austérités Gotama atteint l'Illumination sous l'Arbre de la Bodhi.
Après l'Eveil
Ce n'est qu'après son Eveil que Gotama, maintenant le Bouddha (qui signifie l'Eveillé), se demande ce qu'il va faire de cette profonde et sublime réalisation qu'il a obtenue. Le Bouddha hésite: l'humanité sera-t-elle capable de comprendre la profondeur de sa réalisation? Alors lui apparaît un dieu, qui lui dit que même si la majorité des gens ne comprendra pas son éveil, il en est dont les yeux ne sont recouverts que d'un peu de poussières et qui comprendront son message, et pour eux il doit révéler la vérité qu'il a découverte. C'est ainsi que le Bouddha s'engage dans la prédication, une prédication qui durera jusqu'à sa mort presque un demi siècle plus tard.
Le bouddhisme des cinq premiers siècles
Pendant les cinq siècles qui suivent la mort du Bouddha, l'idéal bouddhique consiste à atteindre l'état de libération pour soi-même, le nirvana. La préoccupation principale du pratiquant est de comprendre les causes de la souffrance et, les ayant comprises, à agir sur les causes pour surmonter la douleur et ainsi parvenir au nirvana ; l'ascèse est très stricte et elle est indivifuelle. Le Bouddha historique, Sakyamuni, est le modèle à imiter. Etre bouddhiste signifie refaire le chemin que le Bouddha a tracé et lui-même parcouru, dont il est l'aboutissement. L'Arhat est celui qui a vaincu le cycle des morts et des renaissances, qui est libéré de la souffrance et réside dans le nirvana. Mais il est seul.
Cette tradition met l'accent sur la réalisation personnelle. Pourtant l'autre n'est pas totalement absent de sa pratique. Voyons comment la relation à autrui est enseignée et vécue.
En premier lieu, cette forme de bouddhisme porte une grande attention à l'éthique, qui est une manière de régler les rapports à l'autre. Ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir, ne pas s'engager dans une conduite sexuelle inappropriée, ne pas ingérer de drogue, tels sont les cinq préceptes observés dans tous les pays bouddhistes. D'autre part, moines et laïcs vivent en symbiose. Les laïcs soutiennent les moines en leur prodiguant des dons matériels de nourriture, les robes et autres nécessités. Les moines prêchent la doctrine et assurent la cohésion sociale, morale et spirituelle de la société.
Le but de la pratique, aussi bien pour les laïcs que pour les moines, étant de surmonter les trois poisons de l'attachement, de la haine et de l'ignorance, des pratiques sont enseignées pour contrecarrer ces afflictions négatives. Il s'agit par exemple des méditations appelées les Quatre Demeures de Brahma :
1. Méditation du développement de l'amour bienveillant, de l'altruisme (metta)
2. Méditation du développement de la compassion (karuna)
3. Méditation du développement de la sympathie pour la joie des autres(mudita),
4. Méditation du développement de l'équanimité, de la sérénité, de la non différence (uppekha).
Un des textes de prière les plus souvent récité est le Metta Sutta, le Sutta de l'Amour Bienveillant:
Pour le Bouddha, nous souffrons à cause de notre manière inauthentique d'être au monde, avec nous-mêmes et avec les autres. Nous sommes inauthentiques quand nous nous perdons dans le monde des objets, en laissant libre cours à la convoitise, à l'avarice, au désir sensuel, et chaque fois que nous fuyons notre être essentiel en désirant quelque chose extérieur à nous-mêmes, manifestation de la saisie et de l'appropriation.
Nous sommes également inauthentiques quand, à l'inverse, nous sommes mus par un sentiment de refus, de rejet : c'est la manifestation de l'aversion et de la haine.
Enfin nous sommes inauthentiques quand nous sommes indifférents à ce qui nous entoure, à l'autre, au monde, chaque fois que nous restons ignorants des choses, des êtres ou des situations. C'est le troisième poison: l'ignorance, la fermeture, le repli obsessionnel sur soi-même.
Dans cette forme de bouddhisme, la pratique nous apprend à trouver notre centre, à être authentique, à être seul et à "entrer en amitié avec nous-mêmes" (Pema Chôdron).
Le développement historique du Mahayana (Grand Véhicule)
Au début de l'ère chrétienne ce modèle de pratique commence à se fissurer. Cinq siècles ont passé depuis la mort de Sakyamuni, le Bouddha historique. La communauté ressent probablement le besoin d'une plus grande intégration dans la société de l'époque, imprégnée de culture brahmanique riche d'une métaphysique et d'une cosmologie très développée, incorporant des éléments dévotionnels puissants.
Cela passe par une vision moins ascétique de la vie du Bouddha et une insistance sur son aspect altruiste.
Graduellement le Bouddha va donc être perçu non plus seulement comme un être humain concret qui est né, qui a vécu, qui a souffert et qui est mort comme tout être humain. On va voir en lui un être universel, l'incarnation d'un principe cosmique. Le bouddha Gotama devient une manifestation parmi des millions de manifestations de bouddhas qui régulièrement s'incarnent dans le monde pour le bien des êtres. Dans la cosmologie védique, il n'y a ni commencement ni fin, et l'espace est infini; l'univers est peuplé de milliards de milliards d'univers. Périodiquement, pour le bien des êtres, un Bouddha apparaît, s'incarne dans le monde, pour apporter un message de la lumière et de libération à l'humanité souffrante.
*
Mais on va aussi insister sur un autre aspect du Bouddha historique, un aspect un peu ignoré au cours des premiers siècles: le Bouddha Sakyamuni, après avoir atteint la libération sous l'arbre de l'Eveil, n'est pas passé dans le nirvana. Au contraire il s'est entièrement dédié aux autres et a prêché pendant près d'un demi-siècle. Cet aspect de la vie du Bouddha est maintenant mis en avant pour montrer son immense compassion pour les êtres.
En conséquence, l'idéal bouddhique va progressivement se déplacer de l'idéal de l'Arhat à celui du Bodhisattva, puis à celui du Bouddha, le Bouddha représentant le but de l'existence humaine en même temps que sa force d'inspiration. Quant à l'idéal du bodhisattva, c'est le médium de transition entre une existence limitée et une existence pleinement actualisée et optimisée dans la bouddhéité. Historiquement on peut comprendre cet appel vers une intégration plus grande de tous les éléments essentiels de la personne humaine: le pouvoir de la pensée, de la volonté et du cœur. Jusqu'à présent le cœur manquait; même si l'amour et la compassion ne sont pas absents dans le bouddhisme ancien, ils n'entrent pas dans la force motrice de la motivation. Dans le Mahayana, le Bouddha, loin de se reposer dans la quiétude du nirvana, devient un principe cosmique, au-delà des extrêmes du samsara [l'illusion] et du nirvana, et donc toujours accessible à l'humanité, indépendamment du temps et du lieu. Sakyamuni n'est plus qu'une des innombrables incarnations de ce principe cosmique.
L'attention à l'autre dans la pratique mahayaniste
La pratique mahayaniste est incarnée dans la voie du bodhisattva, celui qui renonce au nirvana pour atteindre l'état de Bouddha, et la force motrice pour atteindre l'Eveil est la Bodhicitta.
Avant toute pratique tibétaine, toute prière, toute séance de méditation, le pratiquant génère la motivation altruiste (bodhicitta) en récitant trois fois la formule suivante:
"Je prends refuge dans le Bouddha, le Dharma et la Sangha
jusqu'à l'Eveil.
Par le pouvoir de ma pratique
puissé-je atteindre l'Eveil pour le bien de tous les êtres. "
A la fin de chaque pratique, l'énergie positive générée, appelée "mérites", est dédiée à tous les êtres: on ne garde rien pour soi.
Le Dalaï Lama commence en général ses conférences par la constatation suivante:
"Tous les êtres recherchent le bonheur et tous cherchent à échapper à la souffrance,
c'est là la motivation à la base de toutes les entreprises humaines. "
De cette constatation il déduit que tous les êtres sont égaux (au plan ontologique) et que par conséquent il est absurde de désirer la libération pour soi-même en ignorant les besoins et désirs des autres. En fait, le Dalaï Lama s'inspire d'un texte de Shantideva (chapitre 8 du Bodhisattvacharyavatara) dans lequel ce dernier explique ce qu'il considère être la plus haute pratique mahayaniste : l'échange de soi avec les autres.
En voici un extrait.
"Je dois d'abord m'efforcer
De cultiver l'égalité de moi-même et des autres.
Je dois les protéger tous comme moi-même,
Car nous sommes égaux devant le bonheur et le malheur".
En dépit de la diversité de ses membres, les mains et le reste,
Le corps est à préserver comme un ensemble unique.
De même, dans leurs joies et leurs peines, les différents êtres
Ont tous, comme moi, le désir du bonheur.
Si ma douleur
N'affecte pas le corps d'autrui,
En raison de mon appréhension (de moi-même) comme "je ",
Elle n'en est pas moins mienne et intolérable.
De même, la douleur d'autrui
Ne m'échoit pas.
Néanmoins, en raison de leur conception (d'eux-mêmes)
comme "Je", elle est difficile à supporter.
Je dois dissiper la souffrance des autres
Parce qu'elle est souffrance, comme la mienne.
le dois aider les autres
Parce que ce sont des êtres vivants, comme moi.
Quand moi-même et autrui sommes identiques
Dans notre désir de bonheur,
Qu'ai-je donc de particulier?
Pourquoi devrais-je m'appliquer à mon seul bonheur ?
Et quand moi-même et autrui sommes identiques
Dans notre refus du malheur,
Qu'ai-je donc de particulier?
Pourquoi devrais-je me préserver et pas les autres?
[Vous dites:]
"Face à la souffrance,
On se protège soi-même! "
[je vous réponds :]
La souffrance de la main n'est pas celle du pied
Pourquoi (alors) le protège-t-elle ?
En l'absence de possesseur de la souffrance,
Toutes les distinctions (entre soi et autrui) sont inexistantes.
Il faut la dissiper parce qu'elle est douleur.
Pourquoi suis-je assuré (de la nécessité d'éliminer ma douleur et non celle des autres) ?
De même que la main et le reste
Sont considérés comme les parties du corps,
Ainsi, pourquoi les êtres ne sont-ils pas tenus
Pour les parties de l'humanité?
Quiconque souhaite rapidement devenir un refuge
Pour soi-même et autrui
Devra pratiquer le suprême mystère:
L'échange de soi pour autrui.
Toutes les joies de ce monde
Proviennent du désir du bonheur d'autrui
Tous les malheurs de ce monde
Proviennent du désir de son propre bonheur."
Considérer tous les êtres comme sa propre mère.
Les mondes étant infinis, le temps étant sans commencement ni fin, il en résulte que tous les êtres sans exception ont été une mère pour nous un grand nombre de fois. C'est pourquoi les maîtres tibétains demandent à leurs disciples de considérer tous les êtres comme leur propre mère.
Si toutes les mères qui me chérirent depuis un temps sans commencement
Sont dans la souffrance, comment profiterai-je de mon bonheur ?
Afin de libérer les êtres innombrables
Les bodhisattvas engendrent l'esprit d'Eveil
(Extrait des 37 pratiques des bodhisattvas de Thogme Zangpo)
Tonglen: l'échange de soi avec les autres
La pratique dite de Tonglen : "prendre et donner", est ainsi décrite par Lama Guendune Rinpoché :
" Tout d'abord, laissons notre esprit se détendre complètement et s'établir dans un état de repos total, sans nous arrêter sur aucune sensation ou perception de nous-mêmes et de ce qui nous entoure.
Développons la certitude que tout ce qui se manifeste est notre propre esprit, et ne nous attachons plus à saisir le monde extérieur comme séparé de nous.
Restons simplement détendus dans cette conscience, l'esprit parfaitement calme et paisible".
Peu à peu. nous prenons conscience du mouvement de notre respiration. Laissons ce mouvement se taire naturellement sans chercher à le modifier ou à respirer d'une manière particulière. Imaginons que, chaque expiration, les mérites et les vertus que nous avons accumulés depuis la nuit des temps et qui sont la cause de notre bonheur présent sortent de notre corps avec l'air que nous expirons et se dissolvent dans tous les êtres de tous les mondes.
Ces mérites et ces vertus ont la capacité de faire disparaître toutes les souffrances, toutes les maladies et tous les obstacles, de la même manière que le soleil dissipe le brouillard lorsqu'il commence à briller. Tous ces êtres ressentent alors un sentiment de grand soulagement et de grande joie.
Nous imaginons ensuite que, au moment de l'inspiration, toutes les difficultés, les maux et les souffrances de tous les êtres sont absorbées en nous et se dissolvent dans notre cœur, et qu'ainsi ces derniers en sont définitivement délivrés. Nous nous réjouissons à l'idée de les savoir libérés de leur souffrance et établis dans le bonheur pour toujours.
Au terme de cette méditation, nous nous établissons dans un état de vacuité dans lequel nous dissolvons toute saisie sur le fait de prendre la maladie et la souffrance en nous comme quelque chose existant réellement. Nous nous affranchissons des notions de sujet, d'objet et d'acte, de toute fixation réaliste."
L'interdépendance et "l'Inter-être" chez Thich Nhat Hanh
clef de la compréhension et de l'amour
Pour le maître vietnamien Thich Nhat Hanh, il n'y a pas de séparation entre moi et les autres; je n'existe qu'en dépendance des autres, pour tout: nourriture, logement, habillement, jusqu'au langage que j'utilise quotidiennement. II n'y a pas d'entité "moi" existante par elle-même. Par conséquent rechercher mon propre bonheur n'a pas de sens et je dois rechercher le bien de la communauté avant mon propre bien. C'est ainsi que Thich Nhat Hanh fonde la pratique de l'amour et de la compassion.
Les 58 préceptes des bodhisattvas en Chine.
Ils ont été écrits par des maîtres chinois vers 450, parce qu'ils avaient l'impression qu'il fallait quelque chose de plus par rapport aux préceptes des premiers temps, il fallait une éthique qui leur corresponde. En voici quelques exemples.
Le premier précepte dit:
Ne pas prendre la vie.
Ne pas le faire soi-même.
Ne pas le faire faire par quelqu'un d'autre.
Ne pas le faire d'une manière détournée.
Ne pas créer les causes et conditions pour que cela apparaisse. Ne pas développer un moyen de le faire.
Et aussi ne pas faire du mal, par exemple en répandant des rumeurs.
Le quatrième précepte : ne pas dire de mensonges.
Prendre sur soi-même la calomnie dirigée vers quelqu'un d'autre.
Partager son bonheur avec les autres.
Ne pas rabaisser les autres pour nous épargner nous-mêmes (par ex. avec les mendiants)
Prendre soin des gens malades et les considérer comme le Bouddha lui-même.
Sauver la vie des êtres vivants, notamment des animaux.
Etre disponible envers l'autre.
Les quatre vœux du bodhisattva dans le zen
Aussi nombreux que soient les êtres, je fais le vœu de les sauver tous.
Aussi nombreuses que soient les passions, je fais le vœu de les trancher toutes.
Aussi nombreux que soient les enseignements du Dharma, je fais le vœu de les connaitre tous.
Aussi insurpasable que soit la voie de Bouddha, je fais le vœu de la réaliser.
3. Troisième partie :L'autre et le bouddhisme tel qu'il se développe en Occident
Plus de neuf occidentaux bouddhistes sur dix ont adopté le Mahayana, soit sous sa forme zen, soit sous sa forme tibétaine. On pourrait donc s'attendre à trouver l'amour et la compassion au centre de la pratique du bouddhisme en Occident. Or, entre les idéaux très élevés de la doctrine mahayaniste et les faits sur le terrain, il semble parfois qu'il y ait un gouffre. Mais est-ce si étonnant?
En fait les pratiquants occidentaux ont besoin de refaire le chemin parcouru par le Bouddha; aujourd'hui comme hier c'est l'aiguillon de la souffrance qui motive les chercheurs. On en est à la phase de découverte de la première des Quatre Nobles Vérités : la vérité de la souffrance (on aussi dire du mal-être, de l'anciété, de l'angoissse ...).
L'Occident a besoin de redécouvrir les précieuses vérités du Mahayana de l'intérieur, en passant par le stade de l'introspection si chère au bouddhisme ancien,et aux longues retraites solitaires et silencieuses.
Pour ma part, j'ai commencé à réaliser qu'être au monde, c'est ETRE AVEC ; en d'autres termes, que l'être humain est un être de participation. ETRE AVEC ne signifie pas cohabiter avec d'autres êtres humains à la manières des arbres d'une forêt qui poussent côte à côte. Il ne s'agit pas d'ETRE AVEC spatialement mais ontologiquement. Je suis "malgré moi" avec les autres, sans choix et sans échappatoire. D'ailleurs le simple fait de pouvoir dire que je suis seul, seul à la naissance, seul face à la souffrance, et surtout seul face à ma propre mort, implique paradoxalement que je suis en même temps et de façon inextricable avec les autres. Cette réalisation amène une détente, un lâcher prise libérateur.
Quand les maîtres tibétains nous demandent de considérer tous les êtres comme nos mères, quand ils nous demandent de pratiquer l'échange de soi avec les autres, quand Thich Nhat Hanh nous parle de l'interdépendance de toutes choses et de ce qu'il nomme l'inter-être, tous pointent en fait vers la même chose, le même être de participation inscrit dans la structure même de notre être. Il semble bien qu'il nous faudra nous aussi développer nos propres "moyens habiles" avant de pouvoir prétendre à la désignation de "mahayaniste".
Stephen Batchelor exprime bien ce sentiment quand il écrit:
"Ayant compris la non-substantialité du soi - enseignement central de la voie bouddhique - le pratiquant s'engage activement dans le développement d'une culture de l'éveil..."
" La compassion est le cœur et l'âme de l'éveil... On l'entrevoit quand la barrière du soi est levée, et que l'existence individuelle capitule devant le bien-être de toute l'existence.
Il est alors parfaitement clair que nous ne pouvons pas atteindre l'éveil pour nous-mêmes:
nous pouvons seulement participer à l'éveil de la Vie".
Et Joseph Goldstein, un des leaders du mouvement vipassana occidental, va dans le même sens:
La motivation la plus haute peut embrasser toutes nos bonnes œuvres - nous pouvons donner pour motivation à tous nos actes, et à notre aspiration à l'illumination complète, le bien et le bien-être de tous les êtres. Nous comprenons que notre pratique spirituelle n'est pas faite pour nous uniquement, mais pour l'éveil et la libération de tous. C'est ce qu'on appelle la Bodhicitta.
Je trouve que pratiquer la Bodhicitta a profondément transformé mon chemin spirituel. Avant d'intégrer cette motivation plus élevée à ma pratique, je savais que le fait de mettre soi-même en oeuvre des moyens de purification ne pouvait qu'être bénéfique à ceux qui vous entourent. Si nous sommes plus généreux et plus aimants, plus sages et plus compatissants, moins coléreux et moins peureux, bien sûr, le monde qui nous entoure n'en sera que meilleur. Donc je savais que la pratique spirituelle aide toujours les autres aussi bien que moi-même.
Mais la pratique consciente de Bodhicitta a fait que cela n'a plus été le résultat inévitable de la méditation et de la quête spirituelle, mais aussi la raison même de pratiquer. Aspirer à une vie d'éveil pour faire du bien aux autres rend notre pratique très large et profonde, la faisant sortir de l'ornière d'une lutte plutôt égocentrique. C'est, bien sûr, le but de tout l'ensemble. Un poème de Ryokan, moine Zen du dix-huitième siècle, exprime ce sentiment: "Oh, que ma robe de prêtre soit assez vaste pour rassembler tous les êtres qui souffrent dans ce monde flottant !". (extrait de : Le dharma de Saint-Benoit)
mardi 29 juin 2010
L'Eveil
La dualité est une illusion....
Il n'est qu'Unicité au sein de laquelle tout apparaît...
Fin de l'histoire !
Philippe.
Il n'est qu'Unicité au sein de laquelle tout apparaît...
Fin de l'histoire !
Philippe.
L'Absolu
Si quelqu'un arrive à me prouver, à me démontrer que l'on peut dans une existence humaine Vivre quelque chose de plus intense, absolu, profond que l'Unité, l'Unicité, la communion absolue au Tout et à tous que génère la Voie spirituelle de la Non-dualité, "je" lui paye un château en Espagne !
A "vous" de "jouer"....
A bientôt...
Philippe.
A "vous" de "jouer"....
A bientôt...
Philippe.
lundi 7 juin 2010
UNITE entre Créateur et Création
Le Créateur de l'Univers dit à un moment donné lors de Sa Sublime Révélation donné à Arès (village de gironde sur le bassin d'Arcachon) (voir le livre : "La Révélation d'Arès" - ) : "Le Mont sur le Fond (se re)ferme" (XLIV/1) et la note du témoin de L'Evènement : "La Théophanie d'Arès est un EVENEMENT D'IMPORTANCE SUPRÊME : Dieu (le Mont) et le principe profond de Sa Création (Fond), par extension la créature elle-même, se rapprochent ; la main Divine se referme sur Mikal (nom donné par le Créateur au témoin), ils ne font QU'UN pendant cette rencontre."
Remarque personnelle : lors du pèlerinage à Arès, l'été, qui se déroule entre le 21 juin et le 15 Août, on ressent très nettement, dans ce Lieu imbibé par la Présence extraordinaire du Créateur, ce retour à la fusion, à l'UNITE, entre le Créateur et soi-même.
Ce Lieu est le Lieu par excellence de cette puissance de L'UNITE retrouvée, de l'Advaita (non-deux, non-dualité) entre Créateur de l'Univers et être Humain.
C'est aussi le Lieu par excellence de l'Illumination de la Conscience !!!
Je "plein" tous celles et ceux qui ne pourrant pas connaître dans leur vie ce Lieu et le Feu, la Lumière extraordinaire que ce Lieu imprégné du Créateur déclenche dans la Conscience ainsi que la Force et la Puissance sublime de L'UNITE retrouvée avec LUI !!!
Remarque personnelle : lors du pèlerinage à Arès, l'été, qui se déroule entre le 21 juin et le 15 Août, on ressent très nettement, dans ce Lieu imbibé par la Présence extraordinaire du Créateur, ce retour à la fusion, à l'UNITE, entre le Créateur et soi-même.
Ce Lieu est le Lieu par excellence de cette puissance de L'UNITE retrouvée, de l'Advaita (non-deux, non-dualité) entre Créateur de l'Univers et être Humain.
C'est aussi le Lieu par excellence de l'Illumination de la Conscience !!!
Je "plein" tous celles et ceux qui ne pourrant pas connaître dans leur vie ce Lieu et le Feu, la Lumière extraordinaire que ce Lieu imprégné du Créateur déclenche dans la Conscience ainsi que la Force et la Puissance sublime de L'UNITE retrouvée avec LUI !!!
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